Mardi 7 Décembre 2004
Difficile de dire l’heure qu’il est. Nous sommes dans l’avion et la montre de mon voisin affiche huit heures moins dix, heure de Rio, qui n’est pas la même qu’à Salvador car cette année ils n’ont pas daigné faire comme tout le monde. Fatigués, nous retournons à Salvador, en 1h45 de vol, durant lesquelles on rigole sur des répliques des Simpson entre deux de mes éternuements dus à mon insolation. Mon nez, brûlé par le soleil, est en décomposition…mais le jeu en valait la chandelle.
Rio, la grande Rio de Janeiro. La ville dont on parle aux quatre coins du monde, ses plages rendues célèbres par les refrains de diverses chansons. Rio, c’est 13 millions d’habitants dont 10% vivent dans des favelas. Rio, c’est Copacabana, la plage touristique par excellence. Rio, c’est le pain de sucre, le Christ Rédempteur qui protège de ses grands bras cette baie paradisiaque.
En compagnie de JC (un autre français), j’ai vu un peu tout ça. Et même un peu plus.
En arrivant le samedi soir, on débarque à l’hôtel Debret (très bon hôtel de Copacabana), et je ne suis alors animé que par une seule chose : la boite dans laquelle nous allons passer la soirée. J’avais bien évidemment fait des recherches avant de partir et avais arrêté mon choix sur le plus grand club d’Amérique Latine. Normal. Le Help, bien qu’étant à 50m de notre hôtel, est une boite où les touristes viennent choisir la « professionnelle » qui va passer la nuit avec eux. Les filles étant toutes plus belles les unes que les autres, on se joue de leur quête au client fortuné. Tout en dansant chaudement, une fille me susurre à l’oreille « tu veux qu’on reste ensemble cette nuit ? ». La proposition est alléchante mais la réponse est négative alors elle s’en va jouer un peu plus loin. Pendant qu’une autre prend mes mains pour quasiment les glisser sous sa jupe, une autre, qui me regardait depuis un moment, passe devant moi en me fixant d’un regard qui voulait dire « dommage pour toi, tu aurais pu m’avoir pour toi. Elle était le sosie (en mieux) de Carmen Electra…pfff…restons calme…je crois que je vais me mettre au yoga, j’en ai bien besoin.
Pendant notre journée-autocar-touristes-tour, notre guide plaisantait en disant que Dieu devait être brésilien. Je commence à croire qu’elle avait raison.
Bref, après une courte nuit et un lourd petit déjeuner, on remonte à pied l’avenue Transatlantica qui borde la plage de Copacabana. On tombe dans un attrape-touristes. J’achète des lunettes de soleil à 10R$ (1€50) alors que tout le monde les vend à 5R$. Le vendeur se fout de ma gueule.
Sans qu’on s’en aperçoive, une personne projète une substance douteuse sur une des chaussures de JC. Dix secondes plus tard, « comme de par hasard », passe un cireur/sauveteur qui se propose de nettoyer et cirer un peu la chaussure en question. Deux minutes plus tard, JC le remercie de 5R$, un salaire plus que généreux. Le Brésilien nous regarde avec des grands yeux, et nous dit que cela ne représente « rien du tout ». Le travail vaut 15€, et c’est ce que tout le monde donne. Sauf que je ne suis pas un touriste et que je parle portugais. Je hausse donc le ton et c’est de force qu’on lui donne les 5R$ avant de s’éclipser. Au passage, un autre me traite de PD parce que je ne voulais pas aller discuter avec lui (ce qui n’est jamais sans cacher une embrouille). Je lui répond que je ne suis pas PD et me retiens de rajouter quelques commentaires sur le travail douteux que doit exercer sa gentille maman. Après tout, sur cette plage, des touristes ont été tués pour moins que ça.
15h20 direction le Maracanã, le plus grand stade de foot du monde. 40 000 personnes assistent à la rencontre Flamengo-Curitiba. Même pas la moitié du stade est remplie. Le match se termine sur un malheureux 0-0.
Le soir, à 22h30, deux nanas, rencontrées un peu plus tôt sur la plage, nous attendent devant l’hôtel pour aller boire un verre. La soirée est quelque peu ennuyeuse, on n’a pas grand chose à dire, alors on rentre. Avant mon départ pour Rio, on m’a répété une bonne dizaine de fois la même chose : NE RESTE PAS DANS LA RUE !! Il est donc une heure du matin et nous marchons dans la rue. Deux jeunes en short passent près de nous. Dix mètres plus loin, trois policiers armés descendent de voiture pour un contrôle d’identité plutôt musclé. Bref, ça aussi c’est Rio.
Lundi, nous faisons en bus les trucs de touristes : pain de sucre, Christ, cathédrale, beaux quartiers, centres des affaires…J’en retiendrai deux choses. La première est que la vue sur la baie depuis le Christ est incroyable. On comprend immédiatement pourquoi tant de gens aiment cette ville. Deuxièmement, la boite de nuit qui se trouve en haut du pain de sucre, et qui organise des soirées de folies ; c’est un peu comme s’il y avait une boite en haut de la Bastille à Grenoble…en mille fois mieux.
Mardi, après s’être posé sur la plage d’Ipanema, près d’une bonne cinquantaine de mexicaines (un peu jeunes), il est déjà l’heure de retourner à l’aéroport.
Je n’ai vu ni le métro, ni les shopping centers (repères de toutes les princesses urbaines), il faudra donc que j’y retourne.


