Réalité ou légende urbaine brésilienne

Publié le par Nico

Une nouvelle courante écume les boites mails brésiliennes, et la mienne par la même occasion. Il s'agit vraisemblablement d'une nouvelle forme d'attaque où l'innocent riche brésilien se fait dépouiller par un inconnu n'ayant rien à perdre


Le contexte est le suivant:

Les personnes, généralement de sexe masculin, qui nettoient les vitres des automobiles à de nombreux carrefour, jettent un spray sur le pare-brise. Le réflexe est de mettre immédiatement en route les essuie-glace. Sauf qu'ici le spray agit comme un solvant faisant fondre le caoutchouc des essuie-glace. Le pare-brise s'en retrouve couvert d'une pate noir empêchant le malheureux automobiliste de continuer son chemin.

Quelques mètres plus loin, les complices de ces malfaiteurs identifient clairement le véhicule comme bon à attaquer.

Le meilleur moyen d'éviter un délestage de votre compte en banque, est de se rendre immédiatement à une station essence afin de nettoyer le pare-brise avec de l'eau et du savon.


Il faut savoir maintenant que le Brésil est un pays plutôt raciste. Il n'est pas pire qu'un autre, mais ne fait pas partie des bonnes figures. Le pays, qui revendique le métissage et la richesse pluriculturelle qui le compose, souffre d'hémorragie raciste renforcée par les classes sociales très marquées. Les Noirs n'aiment pas les Blancs, les riches craignent les pauvres ce qui revient à dire que les Blancs craignent les Noirs.


Pour avoir passé un an à Salvador, ville à 70% noire et pauvre, j'ai constaté qu'il existe une phobie de l'homme de la rue, une psychose de l'attaque armée ou pas. Je ne dis pas qu'il ne se passe rien dans la rue. Mais j'ai fréquenté de nombreuses lignes de bus, suis sorti dans de nombreux quartiers à des heures très différentes, et je n'en suis pas mort pour autant. J'ai le sentiment parfois que les Brésiliens, tout du moins la classe supérieure, entretiennent cette pseudo-phobie d'une violence omniprésente.

Pourquoi? Peut-être parce qu'ils ont peur qu'un jour, les exploités, les laissé-pour-compte, les miséreux ne viennent taper à leur porte, menaçant de quémander leur dû. L'esclavage à été aboli il y a bien longtemps, pourtant les marques d'un esclavage modernes sont bien plus que de simples stigmates.

 

Vivre avec un système social quasi inexistant et 90 euros en guise de salaire minimum empêche aujourd’hui le Brésil de sortir la tête de l’eau et de se montrer tel qu’il est, pas une simple carte postale avec le Christ sur fond de baie paradisiaque….

Publié dans Brésil

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