Carnaval

Publié le par nicolas martina

Mercredi 9 Février 2005

 

Une semaine. Quasiment une semaine. Le Carnaval aura duré six longs jours durant lesquels je serai sorti cinq fois. Il se sera passé pas mal de choses…

 

 

 

Premier jour, jeudi. Officiellement le Carnaval ne commence que demain, mais les Brésiliens aiment tant faire la fête qu’ils la prolongent. Deux heures avant l’ouverture des camarotes, je vais acheter avec mon pote Dan nos billets pour le jour-même. On apprend alors qu’il n’en reste plus ni pour le vendredi ni pour le samedi. Après ça, je lui demande gentiment de m’accompagner en voiture jusqu’à l’Aeroclube (complexe commercial en plein air) que je retire mes billets pour les jours suivants en toute sécurité. L’idée de prendre le bus avec des t-shirts et billets d’une valeur de 250 Euros ne me réjouit guère. Il s’avèrera plus tard que j’avais raison d’être prudent. Un touriste s’est fait attaqué en sortant de l’endroit, il a été dévalisé de neuf billets pour camarotes et blocos (il faut compter une perte entre 130 et 850 Euros) .

 

 

C’est là qu’on se demande ce qu’est la différence entre camarote et bloco, et qu’est-ce qui fait la différence de prix. Le camarote est une structure métallique en échafaudages montée généralement au devant d’hôtels. Ce sont des balcons surplombant la route qui permettent d’assister au défilé du Carnaval en toute sécurité et avec tout le confort qu’on peut souhaiter. Cela comprend divers bars, restaurants, salon de beauté, connexion internet, concerts, écrans géants, discothèque, canapés, toilettes. Dans le prix est généralement inclus tout sauf boissons et nourriture. Le camarote a été créé il y a quelques années pour accueillir les riches qui ne voulaient pas rester dans la rue pour cause d’insécurité. Pour y rentrer, il faut avoir le t-shirt du jour et le bracelet.

Le bloco est l’espace réservé qui suit les trios eletricos, camions aménagés pour recevoir le chanteur et son orchestre, caméras de télé, haut-parleurs, lumières, toilettes, bar, espace VIP, écrans plasma…. Le bloco regroupe l’ensemble des personnes qui vont danser en suivant le camion. On y rencontre des gens de toute sorte, et principalement des garçons dont le jeu est d’embrasser une fille après l’autre, sans même leur laisser le temps de faire savoir si elles sont d’accord. L’espace est délimité par une corde tenue par les personnes de la sécurité, et là aussi il faut avoir le t-shirt pour pouvoir circuler au sein du bloco.

 

 

Les blocos sont moins chers et plus populaires, l’ambiance y est bien plus animé qu’en camarotes. Pour ceux qui ne veulent pas payer, il reste la rue. Que ce soit en restant à un endroit pour voir défilés les trios ou en accompagnant le trio de son choix, on est livré à soit même et à la vigilance de la police militaire, très présente. On n’est pas à Rio, généralement les touristes ne se font pas tuer dans une rue parallèle, mais il n’en reste pas moins qu’il faut être prudent, et qu’en deux jours seulement, 370 personnes ont été arrêtées. 

Le carnaval de Salvador est différent de ceux de Rio et São Paulo. Dans ces deux villes il est question de défilés des écoles de samba dans le but d’élire la meilleure école de la ville. Les défilés sont luxueux, très lumineux et très colorés. A Salvador ceux sont les gens qui défilent avec leurs artistes préférés. Le premier Carnaval est pour les riches, et ils semblerait qu’il concerne environ 25 000 personnes, ici tout le monde est de la fête et on compte deux million de personnes dans la rue.

Il y a deux circuits. Le premier est celui de l’Avenida, dans le centre historique de la ville, circuit officiel, et se passe le jour. Le second se passe le long de l’avenue côtière Barra-Ondina, où se trouve la plus grande concentration d’hôtels. Le spectacle ne commence pas avant six heures du soir.

Donc mon premier soir se passe au Planeta Othon, plus grand camarote de Salvador dépendant du complexe hôtelier Othon. Il doit y avoir 5000 personnes, dont quelques célébrités locales. Dès le lendemain, on me dit que le frère d’un copain s’est fait attaqué, une des nombreuses victimes.

 

 

Après un jour de repos, je remet ça le Samedi soir. Ce coup-ci j’y vais toujours avec mon pote mais sans billets. Rester dans la rue se dit rester dans la pipoca, au milieu du peuple. Après quelques heures à sauter dans la rue, on se décide à chercher quelqu’un qui vend des entrées (il y a toujours des vendeurs opportunistes, qui vendent et achètent). Bien que déclaré complet, on achète les billets moins chers que dans les points de vente. Parfait pour nous.  Je rencontre deux filles de Rio qui me disent que leur cousin s’est fait attaqué durant le Carnaval (lui aussi). Cela ne me rassure guère car ces prochains trois prochains jours je vais sortir tout seul. Samedi est le seul jour où j’ai osé prendre mon appareil numérique, parce que j’étais accompagné et que j’vais trouvé un moyen assez sûr de le cacher. Je saurai le lendemain que Miss Brésil était dans mon camarote…merde…

Dimanche, direction le camarote Skol, camarote d’une des plus puissantes marques de bière du Brésil. La marque est très active et organise des shows toute l’année, Benni Benassi faisait partie l’an dernier d’une fête techno organisée par la marque.

Je descends du bus au plus près, environ un kilomètre de l’endroit où je suppose se trouver le camarote. Alors je marche vite et évite de rester seul au milieu de la route, toujours à proximiter de personnes avec des t-shirts d’un quelconque bloco ou camarote. Je trouve très vite un couple (qui n’en ai pas un) de personnes avec le même t-shirt que moi. On se présente, et je les accompagne. A trois, c’est plus sûr. On s’est suivi un bon bout de la soirée, on est descendu dans la rue… Bref la soirée s’est plutôt bien passée, animée, même si le DJ était bidon, et open bar. Je retourne tout seul prendre mon bus, j’avais prévu un t-shirt pour mettre par-dessus l’autre histoire de ne pas tenter le diable. Les riches ne prennent pas le bus. Héhé…

 

 

Je me couche à 6 heures, me lève à 13 heures, et je suis déjà en retard pour mon camarote d’ Ivete Sangalo sur le circuit Campo Grande - Avenida. Quand j’arrive la chanteuse (idole des Brésiliens, et pas mal de moi aussi ;-) ) vient de passer, je l’ai ratée. Il fait trop chaud, la boite est pourri et il y fait trop froid, le camarote est trop petit pour le monde qu’il y a et plutôt mal fait. Je me trouve cependant à un endroit privilégié puisque chaque artiste passe devant mon camarote deux fois, à l’aller et au retour (cuircuit circulaire). Ivete ne chantera que des chansons nulles et restera peu de temps. J’en ai marre, je me casse. Ici aussi le bus se trouve à un bon kilomètre, dans un quartier assez populaire. Sur le chemin, il s’échange des coups de gaz lacrymogènes. Au premières toux dans la foule et une panique s’installant je retiens ma respiration et fait demi-tour. En rentrant, je me fais dragué par trois nanas dans le bus. Elles parlaient de moi sans que je comprennent, celle à coté de moi avait honte de ses copines. Deux personnes à l’avant de sont retournées pour voir de qui elles parlaient. Alors j’ai compris, et je leur dit que je sais parlé portugais. On discute un peu, juste avant que je n’arrive à mon arrêt de bus. C’est la deuxième fois que ça m’arrive ici, mise à part la fois où une nana me prenait en photo dans la rue avec son portable. Rentré à 20h, je me couche à 22h.

 

 

On est donc Mardi, dernier jour de Carnaval et il pleut. Il peut se passer des semaines sans pleuvoir mais il pleut pendant le Carnaval. Ce soir je me rends au meilleurs camarote de la ville, Salvador 2005 (200 euros la soirée). Tout est gratuit, tout est compris : whisky, redbull, hamburger, pizza, acarajé (spécialité locale, sort de beignet à base de crevettes), sushi, jambon, fromage, pâtes, légumes, fruits, et j’en oubli tellement. La crème de la crème est ici, les riches de Rio et São Paulo viennent ici. C’est LE camarote, avec une boite digne de ce nom, des gens qui s’amusent, connexion internet sur ordinateurs portables… Ivete Sangalo descendra même quelques instants dire bonjour. Le trio s’est arrêté devant le camarote, une passerelle s’est élevée et elle est venue faire coucou au milieu de la foule. J’en aurai pas vu grand’chose, il devait y avoir 600 personnes devant moi, mais depuis je fais que de le répéter : Ivete Sangalo est descendu dans mon camarote.

J’ai passé la soirée avec les deux plus belles filles de la soirée, deux sœurs de São Paulo, des princesses. Je quitte le camarote vers 7h du matin, le Carnaval est fini pour cette année, il pleut, et je crains un peu le trajet du retour.

 

 

Tout s’est bien passé, je me couche à 8h du matin.

Bon, le Carnaval ça reste deux millions de personnes dans la rue, avec de la musique que je n’aime pas trop, pas de quoi en faire un fromage. Contrairement à ce que tous les Brésiliens m’ont dit, si je dois rester au Brésil, ce ne sera sûrement pas à cause du Carnaval…

 

....d´après de nouvelles informations c´est bien plus de 1000 personnes qui sont allées faire un tour en prison....

Publié dans Brésil

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Irish Ben 06/03/2005 13:43

Ti ti tu, ti titi tu tu !! carnaval do brasil
Les photos sont bien sympa ce carnaval avait l'air bien dejante!! faudra que j'y aille un jour (oui oui j'aime bien me faire depouiller :p)
Tones of Hugs and Kisses xxx